bases de la terrariophilie

 

LE TERRARIUM



Le terrarium doit être conçu pour héberger confortablement l'espèce convoitée et satisfaire l'œil de l'amateur, à l'instar d'un aquarium. La taille est le facteur le plus important dans le choix initial, mais la conception est aussi un critère à ne pas négliger.
Il est souvent tentant, dans un souci d'économie, de vouloir transformer une ancienne cuve d'aquarium en terrarium. Malheureusement, cette option n'est envisageable qu'en de rares occasions, pour deux raisons principales. Il y a peu d'air à circuler dans l'enceinte, donc l'humidité y stagne, et l'ouverture se fait forcément par le haut, avec toutes les contraintes inhérentes. La plupart des reptiles n'ont aucune difficultés à passer par-dessus la paroi en verre et à s'échapper (en poussant au passage le cadre grillagé s'il est mal fixé), et de plus ils n'apprécient pas de voir arriver le soigneur par le haut (qu'ils assimilent à un prédateur). Dans le meilleur des cas cette transformation peut être envisagée pour des espèces qui nécessitent un faible taux d'humidité, qui sont d'un caractère confiant et qui sont mauvais grimpeurs. Pogona vitticeps et Eublepharis macularius par exemple seraient de bons candidats, tandis qu'on exclura la grande majorité des serpents et les animaux très agiles tels que les geckos vrais.
Un terrarium correctement conçu possède deux aérations grillagées disposées sur deux parois opposées et sur une hauteur différente pour ne pas créer de courants d'air. L'air chauffé s'échappe par l'aération la plus haute et assure ainsi un renouvellement. D'autres ouvertures peuvent être prévues pour faire passer des câbles (pour le tube d'éclairage, la sonde du thermostat etc.). Le mode d'ouverture le plus adapté (pour les non-venimeux) est le système de vitres coulissantes, qui peuvent être retirées pour le nettoyage. Pour les petites espèces ou les juvéniles ce système comporte un risque puisque les animaux réussissent parfois à passer par l'interstice entre les vitres. Il faut donc penser à colmater cet interstice, ou privilégier un terrarium avec une ouverture à guillotine.
La taille est dépendante de l'espèce, de l'âge et du comportement. Un arboricole est bien évidemment plus à l'aise dans un terrarium conçu en hauteur. Concernant les lézards, la règle peut être la suivante : The bigger, the better, plus c'est grand mieux c'est. Les juvéniles seront toutefois plus rassurés dans un terrarium dont les dimensions ne sont pas démesurées, et pour lequel la distribution de nourriture restera simple. Un terrarium trop vaste devient vite une contrainte pour garder un hygiène rigoureuse, et le fait de ne jamais voir l'animal peut-être un handicap pour le suivi de son état de santé. Tout est dans la mesure… Concernant les serpents, la règle est moins simple. Des études ont démontré qu'un terrarium vaste peut être néfaste à la santé des serpents, contrairement à ce que nous dicterait notre sentiment d'anthropomorphisme. En fait, un serpent a un territoire vital relativement restreint, qu'il élargit seulement dans certains cas (recherche de nourriture, d'un partenaire sexuel, dégradation de son habitat). Le placer dans une enceinte trop grande ne lui permet pas de prendre ses repères, et aboutit à des périodes d'anorexie et à la déshydratation pour les espèces les plus timides. Pire, le serpent peut refuser de se déplacer vers un point de chaleur s'il n'est pas suffisamment sécurisé. Pour ces raisons les jeunes serpents sont d'abord élevés en petits terrariums avant d'être placés dans leur enceinte définitive.
Dans tous les cas, l'espace alloué est fonction du degré d'activité de l'espèce. Ainsi les boïdés, malgré leur grande taille en général, ont besoin proportionnellement de moins d'espace que la majorité des colubridés, plus actifs.

LES PARAMETRES VITAUX



On distingue trois grands paramètres à prendre en compte lors de la mise en place du terrarium : la chaleur, la lumière et l'humidité. L'agencement sera fonction de ces facteurs.

  • Chaleur


Les reptiles sont ectothermes, et donc tributaires de la température extérieure pour réguler leur température interne. L'appellation "à sang froid" est néanmoins erronée, puisque ces animaux vont réguler leur température, par le comportement et des phénomènes physiologiques, de façon à ce qu'elle corresponde à leur activité. En pleine activité le sang d'un reptile est souvent aussi chaud que le nôtre. L'ectothermie leur permet de diminuer fortement les besoins de nutrition, et partant, de respiration. A poids égal un reptile consomme jusqu'à 30 fois moins d'oxygène qu'un mammifère. Evidemment, sans chaleur, pas d'activité.
Les besoins en chaleur sont dépendant de l'espèce, de son habitat d'origine (qui peut être différent au sein d'une même espèce lorsque l'aire de répartition est vaste), mais aussi de son état physiologique : maladie, stress, digestion, gestation etc. Dans tous les cas, le chauffage dans un terrarium doit absolument respecter un gradient thermique. L'animal doit toujours avoir le choix entre une zone chaude et une zone plus fraîche.
Dans beaucoup de cas, on distinguera même trois zones de chaleur : le point chaud, qui correspond au maximum de température et ne sera disponible que de jour, la zone chaude qui correspond à la température moyenne préférentielle de l'espèce, et la zone fraîche. Des cachettes seront disposées dans les deux zones importantes afin de préserver le sentiment de sécurité des animaux.
Les éléments de chauffage seront, autant que possible, disposés hors de portée des reptiles. Dans un terrarium en verre, le cordon ou la plaque chauffante seront placés sous le fond. Si besoin on disposera des cales pour que le fond n'appuie pas sur le cordon. Dans un terrarium en bois, on disposera ces éléments dans un faux fond, ou contre une paroi verticale et camouflés par du liège ou de la fibre de coco par exemple.
Le thermostat est un outil indispensable à des valeurs précises et fiables, et permet de réguler parfaitement les variations saisonnières. La plupart des thermostats destinés à la terrariophilie peut effectuer automatiquement des baisses de températures nocturnes.

  • Humidité


Tout terrarium doit disposer d'un point d'eau fraîche. Dans beaucoup de cas ce point d'eau doit pouvoir permettre à l'animal de s'y baigner. Il sera aussi responsable, au moins en partie, de l'hygrométrie dans l'enceinte : en le plaçant plus ou moins près de la zone chauffée il assurera l'évaporation nécessaire. L'hygrométrie doit correspondre aux besoins de l'espèce : trop haute elle sera la cause de problème respiratoire et cutanée (mycose par exemple), trop basse elle sera à l'origine de mauvaises mues et de déshydratation.
Pour les terrariums secs à tempérés, la présence du point d'eau suffit généralement à assurer une hygrométrie correcte ; les pulvérisations seront occasionnelles et légères. Pour les terrariums tropicaux cependant, les pulvérisations seront nécessaires, voire indispensables. Elles assureront une bonne humidité et permettront aussi aux animaux de boire (beaucoup de petites espèces ne boivent qu'à la rosée). La fréquence et l'intensité des pulvérisations jouent aussi un rôle important pour reconstituer une saisonnalité, et ainsi assurer la reproduction d'espèces des forêts humides.
Deux types d'appareil permettent d'augmenter de façon automatique l'hygrométrie.
Le brumisateur nébulise de l'eau par la vibration d'une membrane métallique, créant un brouillard intense. Ce type de brouillard est du plus bel effet esthétique, mais l'humidité ainsi produite ne subsiste pas longtemps après la fin de la brumisation. De plus les animaux ne doivent pas avoir accès à la membrane, qui provoque des brûlures.
Le pulvérisateur, comme son nom l'indique, pulvérise de l'eau sous pression via des buses disposées dans l'enceinte. La pluie obtenue est plus efficace pour augmenter de façon durable l'humidité, mais le terrarium doit être conçu pour drainer l'excédent d'eau et ne pas permettre la stagnation (source de moisissures et autres problèmes). Ce type d'appareil est employé pour les terrariums de forêts tropicales humides et équatoriales.

  • Lumière


La lumière a une incidence très différente selon qu'il s'agit de serpents d'une part, ou de lézards ou tortues d'autres parts.
Pour les serpents la lumière est nécessaire à un cycle nycthéméral et saisonnier, sans que le type de spectre soit important (on évitera tout de même les lumières fantaisistes en privilégiant la plus naturelle).
Pour les lézards, et les rares serpents insectivores, la qualité de la lumière est très importante. Elle doit obligatoirement émettre des ultraviolets de type B. Ce rayonnement est en effet indispensable à la synthèse sous cutanée de provitamine D3. La vitamine D3 est l'hormone responsable de la libération de calcium dans le sang au cours de la digestion et la mobilisation de ce calcium sur le squelette. Une insuffisance en UVB provoque une carence en vitamine D3, et donc une fragilisation du squelette. Si une telle carence peut être inversée chez un adulte, elle peut être fatale chez un juvénile en pleine croissance osseuse.
Les besoins réels en vitamine D3 sont souvent très mal connus chez les reptiles, et l'apport en vitamine est donc mal dosé. Il est ainsi beaucoup plus simple de proposer une lumière adaptée et une alimentation équilibrée que d'essayer de supplémenter la ration.
La quantité de lumière est un facteur important pour cycler la vie des reptiles, sauf ceux de la région équatoriale. Pour de nombreuses espèces, le simple fait d'augmenter la durée d'éclairage au printemps induit les accouplements. Même si la reproduction n'est pas en vue, un rythme saisonnier dans l'éclairage reste une bonne façon d'accroître le confort des animaux.

L'AGENCEMENT DU TERRARIUM


Lorsque l'équipement ad hoc est installé, le terrarium est agencé en prenant en compte les facteurs précédents et les mœurs du futur pensionnaire.
Le substrat est toujours un sujet de discussion en terrariophilie : en réalité quasiment chaque éleveur a sa propre idée. Dans tous les cas, il doit répondre à plusieurs critères :
- ne pas être dangereux pour l'animal (non toxique, non ingérable ou alors digestible, non abrasif, peu poussiéreux),
- être compatible avec les facteurs climatiques, notamment l'humidité,
- assurer le confort de l'animal et répondre à son besoin de sécurité.
En clair on évitera de mettre du quartz rose fluo avec un animal timide cherchant le camouflage. Attention : le cèdre, et par extension le bois des résineux odorants, dégagent des vapeurs de phénol qui sont mortels pour la plupart des serpents !
A titre d'exemple, voici quelques substrats couramment utilisé. Les éclats de bois blancs (hêtre, bouleau, peuplier), sont très fréquemment utilisés pour des espèces de milieux secs ou tempérés. Ils ne supportent pas trop l'humidité stagnante. La taille des éclats ne doit pas permettre une ingestion facile (lors de la prise de nourriture par exemple). Les morceaux d'écorces de pin sont quant à eux utilisés dans les terrariums plus humides puisqu'ils supportent l'eau sans moisir (du moins avec un entretien standard). Les morceaux de coco ont aussi cette qualité, avec une tolérance encore plus grande à l'humidité, mais sont assez gros pour permettre aux insectes de se cacher. Le sable est rarement utilisé, il peut sérieusement irriter l'épiderme des animaux et créer des occlusions intestinales. On l'emploie fin, voire très fin (pulvérulent), avec des animaux aux mœurs vraiment désertiques et fouisseuses.

Les cachettes doivent être conçues pour que le reptiles s'y sente en sécurité. Elles doivent être au moins aussi nombreuses que le nombre de pensionnaires dans l'enceinte, être stables, et être disposées tant dans la zone chaude que dans la zone froide. La taille de ces caches correspond à la taille de l'animal ; en effet les reptiles apprécient d'être en contact avec les parois de leur retraite (on parle de thigmotactisme positif).
Les branches sont fréquemment utilisées, même par les animaux qui ne sont pas réputés arboricoles. Elles permettent aussi à l'animal de se frotter pour se dégager de l'exuvie. Encore une fois, comme tous les autres éléments du décor, elles doivent être bien calées.

Les plantes seront préférentiellement artificielles, pour des raisons d'hygiène dans un premier temps. En effet, maintenir des plantes nécessite d'introduire de la terre dans le terrarium, avec tous les aléas que cela comporte (le terreau est un milieu difficile à garder sain dans une enceinte chauffée). Les plantes épiphytes, cependant, n'ont pas ce souci, mais elles restent délicates en terrariums. Pour terminer avec les côtés négatifs, beaucoup d'espèces de reptiles ont peu de respect pour les plantes, et leur passage incessant a généralement raison de la santé de celles-ci. Les plantes artificielles n'ont pas ce problème, et ont de plus le gros avantage de pouvoir être lavées et désinfectées régulièrement. Elles sont très bien acceptées par la plupart des animaux qui ne perçoivent généralement pas la différence.
Pour certaines espèces néanmoins, les plantes naturelles sont un plus très appréciable. Les caméléons, notamment, apprécient de se déplacer dans un Ficus (de plus certaines espèces le mangent). Les petites espèces de geckos tropicaux sont aussi plus à leur aise dans un terrarium bien planté, et déposent leurs œufs dans le terreau à la base des plantes. Pour finir, les plantes naturelles, si elles sont nombreuses, ont cette faculté d'assurer une hygrométrie stable. Pour informations, ces quelques plantes tiennent bien en terrarium humide : Fittonia sp., Scindapsus sp. (le fameux Pothos), les lierres d'ornement, les géraniums de type "Tamaya", et quelques fougères robustes. Pour des terrariums résolument plantés, comme ceux des dendrobates (grenouilles poison), il existe des plaques de tourbes pré ensemencé de fougères et mousses tropicales, les plaque "Xaxim". Enfin on notera que les plaques de fibres de coco permettent à beaucoup de plantes de s'enraciner, et ainsi créer des murs végétaux. La fibre de coco étant imputrescible, il n'y aura pas de souci d'humidité.

 

L'ALIMENTATION

 

  • Les serpents


Le mode de prédation le plus courant, toutes espèces confondues, est la constriction. Loin de l'image populaire associant ce type de capture aux seuls pythons et boas, c'est en fait toutes les familles de serpents aglyphes (sans crochets venimeux) qui l'utilisent. Contrairement à une idée largement répandue, l'envenimation n'est pratiquée que par un peu plus de 10% des espèces d'ophidiens. Il semblerait de la même manière que l'appareil venimeux ne correspond pas à l'apogée de l'évolution chez ces animaux, mais que beaucoup de nos sympathiques couleuvres aient évolué à partir de formes venimeuses.
Certains serpents, principalement les piscivores et consommateurs de batraciens, avalent leurs proies sans les tuer. Il est en effet difficile d'imaginer une constriction sur un poisson. Il arrive ainsi qu'une couleuvre fraîchement capturée relâche une grenouille qui se met aussitôt à sauter vers la mare !
La capacité des serpents à ingurgiter des proies dépassant largement leur propre diamètre a toujours fasciné. Ce phénomène est lié à une organisation particulière des organes de ces animaux, mais surtout à une structure crânienne adaptée. Les os carré sont placé de façon presque horizontale, et permettent ainsi une ouverture de gueule importante lorsque le maxillaire se déplace (jusqu'à plus de 120°). Les mâchoires ne sont pas soudées, mais divisées en moitiés reliées par une symphyse lâche au niveau du rostre. La trachée pulmonaire débouche très en avant dans la gueule, et non dans l'œsophage. Ces dispositions permettent aux serpents d'avaler des proies dont le diamètre excède le double du leur, sans avoir à la mâcher et sans problème d'étouffement. Ces adaptations permettent aussi à ces animaux au métabolisme lent de faire de gros repas très espacés les uns des autres (parfois plusieurs mois).

On distinguera, en terrariophilie au moins, les serpents consommateurs de rongeurs (très majoritaires) et les autres. Parmi ces derniers, les ophidiens piscivores (Thamnophis sp, Nerodia sp.), les insectivores (Opheodrys sp.), les mangeurs de lézards (Philodryas sp., par exemple, mais aussi de nombreuses espèces d'Elaphe et de Lampropeltis lorsqu'elles sont jeunes), les mangeurs de batraciens (Heterodon platyrhinos, par exemple), et, pour l'anecdote, des espèces strictement ovophages comme les fameux serpents mangeurs d'œufs (Dasypeltis sp.). Beaucoup de serpents, dans le milieu naturel, sont des prédateurs très spécialisés, mais la majorité est assez opportuniste. En terrarium, les serpents sont certainement les reptiles les plus faciles à nourrir, d'une part parce qu'ils sont tous exclusivement carnivores, et d'autre part parce qu'ils consomment des proies entières. Le fait de manger des proies entières leur permet d'éviter de fâcheuses carences, du moins lorsque la nourriture correspond à leurs mœurs. Enfin, un serpent peut manger des souris blanches durant toute son existence sans jamais manifester la moindre lassitude (le goût en effet, même s'il est présent, joue un rôle très limité pendant la prise de nourriture).
Naturellement, les serpents ne sont pas des charognards, et ne consomme habituellement que des proies qu'ils ont tuées. Ce comportement en captivité est très présent avec les animaux d'importation. Les animaux nés en captivité, néanmoins, n'ont pas tous cette réticence lorsqu'ils y sont habitués jeunes. L'avantage de proposer des proies mortes est indéniable : pas de risques de morsures (plus fréquent qu'on ne le croit), pas de rongeurs en liberté dans le terrarium, pas de cage et d'équipement pour accueillir les proies, un stockage d'aliments facilité. Certains arguent que les serpents tuent et mangent leurs proies depuis des millions d'années sans que quelqu'un les tuent pour eux, que la méthode permet aux animaux de faire le seul exercice possible en terrarium. De plus cela leur permettrait de garder un comportement normal. L'immense majorité des terrariophiles admettent tout de même que, lorsque cela n'est pas nécessaire, il vaut mieux éviter de proposer des proies vivantes. On n'oubliera pas que dans la nature, beaucoup de serpents sont sérieusement blessés, voire sont tués, par leur proie !
Note : les serpents insectivores et piscivores font exception à ce qui a été annoncé précédemment. Les premiers ne consommeront pas (jamais ?) de proies inertes, et pour les derniers, il s'agit d'équilibre alimentaire. Les poissons morts sont en effet des aliments à forte concentration en thiaminase, une enzyme qui dégrade la thiamine (vitamine B1). A terme cette carence en vitamine induit des troubles nerveux importants, puis la mort. La thiaminase est dégradée par la chaleur, un passage des poissons morts au bain-marie pendant 1 à 2 minutes suffit généralement à neutraliser son action. Hélas, les protéines coagulées sont assez indigestes pour les serpents, et la chaleur détruit également la vitamine B1, ainsi vaut-il mieux alterner avec des repas à base de poissons vivants.

Les serpents consommant des rongeurs sont de loin les plus faciles à satisfaire en captivité. La taille des proies est adaptée à celle de l'animal, du souriceau rosé (sans poils) à la souris adultes, voire le rat ou le lapin dans le cas de gros spécimens. Bien qu'il puisse avaler de grosses proies, on évitera ce type de repas trop copieux en captivité, en privilégiant une fréquence plus élevée, ceci afin d'éviter d'éventuelles régurgitations. Un diamètre jusqu'à 1,5 fois celui du serpent est considéré comme adapté. La fréquence est fonction de la taille de la proie, et des besoins de l'animal : un juvénile consomme un repas tous les 3 à 5 jours, un adulte un rongeur mature tous les 7 à 20 jours. Une femelle en gestation ne s'alimente quasiment plus, mais prendra de nombreux petits repas après la ponte ou la parturition.
Les piscivores, assez courant en terrarium, ne sont pas difficiles à satisfaire, à condition d'alterner les proies mortes et vivantes (Cf. infra). On évitera comme base alimentaires les poissons suivants : poissons rouges et assimilés (riches en thiaminase et en graisse) et bien sûr les poissons d'eau de mer (comme les éperlans). Les serpents piscivores consomment très volontiers des batraciens, mais en captivité ce penchant est difficile à satisfaire, pour rappel tous les batraciens en France sont protégés.
Les insectivores, très peu représentés et pour cause, sont des spécimens délicats. Ils sont représentés en terrarium à 90% par ces deux espèces : Opheodrys aestivus et Opheodrys vernalis. De part leur régime alimentaire, ils nécessitent une exposition aux UV, à l'instar des lézards et des tortues. Ils s'acclimatent généralement très mal, se reproduisent en captivité de façon anecdotique et sont plutôt à réserver à un éleveur chevronné.
Les serpents se nourrissant de lézards de façon stricte sont eux aussi peu représentés. Leurs exigences alimentaires sont en effet difficiles à satisfaire, sans parler du coût financier d'un tel élevage. Certaines espèces, néanmoins, sont élevées avec une alimentation à base de rongeurs, par une technique de "scenting" qui consiste à habituer progressivement le serpent (préférentiellement un juvénile) à consommer des proies différentes, mais de même odeur. L'odeur est ensuite retirée lorsque l'animal est suffisamment habitué.

Quelque soit le régime alimentaire des spécimens, les individus partageant un même terrarium doivent toujours être séparés pendant la prise de nourriture, ceci afin d'éviter des cas de morsures, ou même d'ophiophagie accidentelle.

  • Les lézards


Les sauriens ont un régime alimentaire très varié selon les espèces : végétariens, insectivores stricts, omnivores, carnivores opportunistes et parfois charognards. Il est impossible de résumer ici les spécifications de chaque espèce, la littérature spécialisée sera consultée à cet effet. De façon générale le régime alimentaire est varié, peu d'espèces sont véritablement spécialisées (on citera le Moloch australien qui consomme des fourmis de façon quasi exclusive).
Cette spécificité implique de proposer des rations variées et équilibrées. Une majorité des pathologies observées chez les sauriens en captivité provient de carences alimentaires. Les insectivores sont à cet égard plus concernés que les végétariens et omnivores. Les insectes d'élevage ne remplaceront jamais les proies disponibles en milieu naturel, tant au niveau de la variété que de la qualité nutritionnelle, même si de gros progrès ont été fait ces dernières années. Les proies d'élevage doivent donc être régulièrement enrichies en vitamines et sels minéraux afin d'éviter des carences débilitantes ou fatales. Dans cette optique, il est aussi très important de nourrir convenablement les insectes destinés à être consommés, afin de leur donner une réelle valeur nutritive. La valeur la plus importante à surveiller est celle du calcium (Ca), à comparer à celle du phosphore (P). Une bonne assimilation du Ca nécessite : de la vitamine D3 (Cf. § Lumière), et du Ca en quantité deux fois plus importante que le P. En réalité, le rapport Ca/P correct se situe entre 1,3 et 2. En résumant, une bonne alimentation est constituée de proies variées riches en calcium, associée à un rayonnement UV correct.
La variété s'applique aussi aux lézards végétariens (Iguana iguana, Uromastyx sp…) et omnivores (Pogona sp., Tiliqua sp.) ; on choisira des aliments en fonction de leur appétence, mais aussi selon leur teneur en sels minéraux. La laitue, par exemple, est mal indiquée car trop pauvre en Ca. On lui préférera la mâche, l'endive, le pissenlit, le trèfle, les feuilles de brocoli etc. …
La fréquence d'alimentation est plus élevée que pour les serpents. Les juvéniles sont nourris une fois par jour, voire 2 fois par jour dans le cas de lézards à croissance très rapide (Pogona vitticeps). Les adultes sont alimentés tous les 2 à 3 jours, parfois moins fréquemment lorsque le niveau d'activité est assez bas.

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